Triage des malades de la COVID-19: «C’est dégueulasse!», déplore la députée libérale Jennifer Maccarone


Si les hôpitaux devaient déborder de malades de la COVID-19, le protocole d’accès aux respirateurs fait passer les handicapés et les personnes avec des vulnérabilités après les autres citoyens, déplore la députée libérale Jennifer Maccarone. Mère de deux enfants autistes, elle demande au gouvernement de corriger le tir.

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«Advenant un manque de lits aux soins intensifs pendant la crise, le gouvernement propose aux médecins un protocole pour déterminer qui aura accès à un respirateur ou non. Par exemple, si vous avez une déficience cognitive sévère, comme la trisomie 21 ou un trouble de l’autisme sévère, vous risquez de devoir laisser votre place à une autre personne. Je suis scandalisée, je suis mère de deux enfants autistes et je leur donnerais ma vie!», a pesté mercredi la députée de Westmount-Saint-Louis à l’Assemblée nationale.

Triage.Québec, une initiative de la Société québécoise de la déficience intellectuelle, a mis la main sur les critères d’exclusion retenus par le comité d’experts chargé de concevoir le protocole, qui n’ont pas été rendus publics.

La «déficience cognitive sévère (incapacité totale d’effectuer les activités de la vie quotidienne et domestique de manière indépendante) due à une maladie progressive», est au nombre des critères qui peuvent rendre un patient inéligible aux soins intensifs.

Une situation «dégueulasse», aux yeux de la députée Maccarone. «Je suis offusquée, fâchée, insiste-t-elle, en entrevue avec notre Bureau parlementaire. C’est honteux de dire que la vie d’une personne vaut plus qu’une autre».

La libérale réclame qu’on retire les critères d’exclusion du protocole et qu’une discussion s’amorce sur ce sujet délicat.

La ministre Danielle McCann a répliqué que ce protocole n’était pas appliqué au Québec à l’heure actuelle puisque les hôpitaux n’ont pas été débordés au point de devoir trier les malades ayant droit à un respirateur.

La ministre de la Santé est tout de même d’avis que le groupe d’experts a le devoir d’expliquer ses choix.

«La vie d’une personne en situation de handicap est aussi importante que n’importe quelle vie d’un être humain. (…) Il y a des critères cliniques à l’intérieur de ce protocole, et il faut que cette information se rende aux associations pour les personnes qui ont un handicap, et ça a été offert, et j’espère que ce sera fait», a-t-elle ajouté.

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