Un autotest de dépistage du Covid-19 bientôt proposé en vente libre en France ?



Une entreprise alsacienne espère bientôt commercialiser, au grand public, des autotests rapides de diagnostic du Covid-19. Le principe : se piquer le bout du doigt, prélever une goutte de sang, la déposer sur un petit test, et ajouter deux gouttes de diluant

« Techniquement, il est prêt, on attend l’autorisation de mise sur le marché », assure Gaël Levy, directeur industriel de Biosynex, société implantée dans la banlieue sud de Strasbourg.

L’autotest serait quasiment similaire au Trod (test rapide d’orientation diagnostique) au Covid-19, que l’entreprise assemble et vend actuellement, mais seulement aux laboratoires de biologie médicale et aux hôpitaux. Depuis le lancement de la production il y a quatre semaines, l’entreprise en a assemblé environ 400 000 sur son site alsacien.

Une demande d’homologation

« Aujourd’hui, on a une capacité de production de quasiment 50 000 tests par jour. Nous pourrions monter aux alentours de 100000 », pointe M. Levy.

L’autotest est en cours d’homologation auprès d’un organisme certifié. L’entreprise devrait recevoir une réponse d’ici fin juin, après un mois et demi d’attente. S’il obtient le marquage CE et « si le gouvernement français ne s’y oppose pas, il serait disponible en pharmacie », à un prix inférieur à 20 euros, indique Gaël Levy.

À la demande d’homologation, Biosynex a joint deux études menées auprès de personnes qui n’ont pas l’habitude de réaliser des autotests. Une pour vérifier la praticabilité, c’est-à-dire si elles arrivent à faire le test elles-mêmes après avoir lu la notice. L’autre pour juger de leur interprétation des résultats.

Outre l’élargissement de l’utilisation de ses tests Covid-19 à de nouveaux professionnels de santé, Biosynex vise donc un autre marché : le grand public. À l’encontre de l’avis de la Haute autorité de Santé (HAS), qui qualifie le recours aux autotests de prématuré.

« Répondre à une demande et à un besoin de la population »

Oren Bitton, directeur commercial, explique les gestes, les accessoires posés devant lui, pour tester le coronavirus : « on pique le bout du doigt pour avoir une goutte de sang, on vient la chercher en l’aspirant avec une pipette. Je déverse le sang dans ce petit puits, je mets deux gouttes de diluant dans celui-là… Et c’est fini ! ».

En moins de dix minutes, quel que soit le résultat, une bande apparaît au niveau de l’indicateur « C », pour « contrôle ». « Cela veut dire que le test fonctionne », indique M. Bitton.

Lui-même a été contaminé par le virus il y a trois mois. Sur son test se dessinent donc ensuite deux nouveaux traits à côté des inscriptions IgM et/ou IgG, les deux formes d’anticorps que l’organisme développe en réaction au virus.

Sur un test négatif, seule la bande de contrôle rouge reste visible.

Actuellement, « l’intérêt de l’autotest est de répondre à une demande et à un besoin de la population, de savoir si une personne a été en contact avec le virus », reconnaît M. Bitton.

Avant de confesser qu’une crainte «
 d’effets secondaires collatéraux »
existe malgré tout derrière l’utilisation massive d’autotests, principalement l’arrêt des gestes barrières « qui sont aujourd’hui les seuls gestes efficaces ».





Source link

scroll to top