Un lien inquiétant entre AVC et COVID-19 chez les jeunes


Des médecins tirent la sonnette d’alarme sur les risques accrus de mourir d’un accident vasculaire cérébral (AVC) que courent les personnes dans la trentaine et la quarantaine atteintes, même sans présenter de symptômes, de la COVID-19.

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Des chirurgiens de l’Université Thomas Jefferson, à Philadelphie, ont publié ce matin dans la revue Neurosurgery les résultats d’une étude préliminaire sur 14 patients atteints de la COVID-19 qui ont souffert d’un AVC entre le 20 mars et le 10 avril.

La moitié de ces 14 patients ignoraient même qu’ils souffraient de la COVID-19 avant leur hospitalisation.

«Nous voyons des patients dans la trentaine, la quarantaine et la cinquantaine qui souffrent d’AVC majeurs que l’on voit habituellement chez des gens de 70 ou 80 ans», avance Pascal Jabbour, l’auteur principal de l’étude.

«Bien que nous devons insister sur le fait que nos observations sont préliminaires, ce que nous avons vu est inquiétant. De jeunes personnes, qui ne savent peut-être même pas qu’elles ont le coronavirus, développent des caillots qui provoquent des AVC sévères. Nous devons alerter le personnel médical de première ligne et la population», a-t-il ajouté.

Constatations troublantes

L’étude met en lumière que les patients présentant des symptômes d’AVC retardent leur entrée à l’hôpital de peur de contracter le coronavirus, alors qu’il existe une mince période de temps pour traiter un AVC.

Six des 14 patients de l’étude sont décédés (43%), alors que le taux typique de mortalité pour un AVC est généralement de 5 à 10% aux États-Unis.

Le même pourcentage du groupe, 43%, était âgé de moins de 50 ans, alors qu’aux États-Unis, plus de 75% des cas d’AVC surviennent chez des gens de plus de 65 ans.

De plus, les patients du groupe souffraient de blocages dans de larges vaisseaux dans les deux hémisphères du cerveau, tant des artères que des veines, des observations inhabituelles chez des victimes d’AVC.

Explications

L’équipe du Dr Jabbour pense que le virus peut interférer avec la protéine ACE2, point d’accès du coronavirus, très présente dans les vaisseaux sanguins. Il se pourrait aussi que l’inflammation des vaisseaux sanguins provoque de micro caillots.

Sherry H-Y Chou, neurologue de l’Université de Pittsburgh Medical Center, s’est demandé si les caillots découlaient d’une attaque directe sur les vaisseaux sanguins ou s’il s’agissait «d’un problème de tir ami».

«Dans la tentative de combattre le virus, est-ce que la réponse immunitaire finit par nuire à votre cerveau?», s’est-elle questionnée, comme rapporté par le Washington Post à la fin avril, lorsque des constatations commençaient à être faites sur le terrain.

Convaincu

J Mocco, chercheur de l’hôpital Mount Sinaï de New York, a indiqué au même journal que le nombre de patients arrivés dans son établissement avec d’importants blocages dans les vaisseaux du cerveau a doublé à plus de 32 par rapport à la normale durant les trois semaines les plus intenses de l’épidémie. Et ce, même si le nombre d’autres urgences était en baisse. Plus de la moitié de ces patients étaient touchés par la COVID-19.

Le lien entre la COVID-19 et les AVC «est une des corrélations les plus claires et les plus profondes que j’ai rencontrées. C’est un signal beaucoup trop puissant pour être dû à la chance ou au hasard», a estimé M. Mocco.



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