Un médicament contre le cancer pour aider des malades de la COVID


Un médicament récent utilisé pour le traitement de plusieurs cancers du sang pourrait aussi s’avérer bénéfique pour certains patients de la COVID-19 souffrant de formes graves de la maladie.

L’acalabrutinib, qui porte le nom commercial de Calquence, est un traitement oral utilisé depuis 2017 aux États-Unis pour les personnes atteintes d’un lymphome à cellules du manteau récidivant ou réfractaire. Il est autorisé au Canada depuis 2019 pour cet usage.

Dans une étude sur un petit groupe de patients infectés par le coronavirus aux États-Unis, ce médicament a été associé avec une réduction de la détresse respiratoire et à la prévention d’une réponse disproportionnée et dangereuse du système immunitaire.

Le médicament a été donné à 19 patients qui étaient hospitalisés pour une infection sévère à la COVID-19, dont 11 recevaient des suppléments d’oxygène et huit étaient branchés à un respirateur artificiel.

« Baisse substantielle »

« En un à trois jours, la majorité des patients du groupe recevant des suppléments d’oxygène ont connu une baisse substantielle de l’inflammation et leur respiration s’est améliorée », peut-on lire dans un communiqué émis par les chercheurs affiliés à des agences fédérales américaines (l’Institut national du cancer et l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses) et à un hôpital militaire.

En ce qui concerne les patients qui nécessitaient un respirateur artificiel, et qui étaient donc encore plus souffrants, quatre sur huit ont vu leur état s’améliorer, mais deux sont finalement décédés. Ces résultats ont été publiés vendredi dernier dans la revue Science Immunology.

Les auteurs de l’étude pensent que l’acalabrutinib pourrait aider certains patients atteints de la COVID-19, car elle cible et désactive une protéine particulière qui est présente dans le système immunitaire de l’organisme, appelée la tyrosine kinase de Bruton (BTK).

Tempêtes cytokines

Cette protéine peut parfois faire plus de mal que de bien, car elle contribuerait aux tempêtes de cytokines, une réaction inflammatoire du système immunitaire tellement violente qu’elle entraîne parfois la mort et qui a été observée chez certains patients atteints de la COVID-19.

Les chercheurs préviennent cependant que d’autres études sont nécessaires pour confirmer cette hypothèse et que l’acalabrutinib à titre de traitement expérimental contre la COVID-19 n’a pas été approuvée à ce jour.

« Cette stratégie doit être testée dans un essai clinique randomisé et contrôlé pour permettre de mieux comprendre les options de traitement les meilleures et les plus sûres pour les patients atteints d’une forme sévère de la COVID-19 », écrivent-ils.

— Avec la collaboration de l’Agence QMI

Des différences dans le sang des patients atteints du coronavirus

On peut déceler des différences dans le sang des patients atteints de la COVID-19, ce qui pourrait permettre de prédire la trajectoire des malades lorsqu’ils sont pris en charge à l’hôpital, espèrent des chercheurs allemands et britanniques.

Les experts affiliés à l’Hôpital universitaire de la Charité de Berlin et à l’institut Francis Crick de Londres ont recueilli le sang de 31 personnes hospitalisées pour le nouveau coronavirus, dont l’état de santé allait de faible à sévère.

Les analyses réalisées à l’aide d’une technologie de pointe ont permis d’identifier 27 protéines dont la quantité dans les échantillons de plasma fluctuait en fonction de la gravité de la maladie, décrivent les chercheurs dans un communiqué de presse.

Ces protéines constituent des « biomarqueurs », soit des indicateurs biologiques qui pourraient être utilisés pour prédire la progression de la maladie, avancent-ils.

Sauver des vies

Pour le démontrer, ils ont analysé les échantillons de sang de 17 autres patients atteints de la COVID-19 et de 15 personnes en santé. 

L’expression des protéines a permis de « classer précisément les patients », selon les responsables de cette étude.

« Un test sanguin précoce permettrait au médecin traitant de prédire si un patient atteint de COVID-19 développera ou non des symptômes graves, ce qui pourrait potentiellement sauver des vies », soutient le Dr Markus Ralser, de l’Hôpital de la Charité.

Ces informations, si elles étaient à la portée des médecins, seraient utiles pour orienter plus rapidement les patients vers des traitements adaptés à leur condition.

« Plus tôt les médecins savent quels patients auront besoin de soins intensifs, plus vite ils peuvent envisager un traitement, selon les options disponibles », insiste le biochimiste.

Diagnostics

En milieu hospitalier, cette approche aiderait le personnel à affiner les diagnostics, puisque l’évaluation des symptômes d’un patient ne donne pas toujours une « image précise de leur véritable état de santé », ajoute le Dr Ralser.

Par ailleurs, le simple fait d’avoir identifié 27 protéines associées au coronavirus, ou biomarqueurs, pourrait fournir à la communauté scientifique de nouvelles pistes à explorer dans la recherche d’un remède, affirme l’équipe de chercheurs.

Celle-ci entend maintenant poursuivre ses travaux afin de mieux comprendre comment ces biomarqueurs évoluent durant la maladie.

— Avec l’Agence QMI



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