une application pour protéger le retour au travail


Etes-vous rouge, violet, orange, jaune ou vert aujourd’hui? C’est la question que pourraient se poser dans quelques semaines les salariés « déconfinés » de retour au travail dont l’employeur utilisera le Copass. Autrement dit, une plateforme numérique qui offre aux entreprises un cadre pour leurs protocoles d’organisation du travail, en phase avec les nouvelles exigences sanitaires imposées par l’épidémie. Grâce à cette plateforme, chaque employé, pourra connaître son niveau de vulnérabilité au Covid-19. « C’est une forme de badge numérique pour aider les entreprises à faire revenir leurs collaborateurs en toute confiance, beaucoup ont envie de retourner sur leur lieu de travail mais ont peur d’y attraper le Covid-19 », explique Serge Magdeleine, Directeur de la transformation digitale et IT du groupe Crédit Agricole à l’origine de ce projet.

Vers une reprise à la carte en code couleur

Le Copass a été élaboré par les équipes du Crédit Agricole et celles de Onepoint, spécialiste de la transformation numérique, qui ont créé une co-entreprise pour opérer la plateforme. Sans business plan ou objectif de développement commercial mais pour concourir à la relance de l’activité économique par la face … entreprises. « Nous voulions aussi offrir à chaque salarié le même outil, la même sécurité et la même liberté retrouvée de se mouvoir, et mettre la technologie au service de l’humain », résume David Layani, président-fondateur de Onepoint.

Développée en quatre semaines par une cinquantaine d’ingénieurs, cette application sera consultable à partir d’un poste fixe ou via un site sur mobile, et sera activée le 11 mai. Avec pour commencer cinq grandes entreprises pilotes. « Nous n’excluons pas d’associer à notre joint-venture un consortium d’entreprises qui utiliseront cette application en mode pilote pour nous aider à l’améliorer », appuie Serge Magdeleine du Crédit Agricole.

Pour pouvoir utiliser le Copass, les employés doivent compléter un questionnaire en renseignant des données personnelles (âge, type d’hébergement …) des données de santé (pathologies particulières …) et comportementales (mode de transport pour venir travailler…)

Ils reçoivent en échange un QR code personnel dont la couleur – du vert au rouge – conditionnera leur protocole de travail : maintien du télétravail, retour sur site en horaire alterné, retour sur site mais dans une unité réduite, orientation vers un test de dépistage … « Le questionnaire a été élaboré avec l’aide d’un comité médico-social et il sera évolutif. Chaque fois qu’il y aura des certitudes sanitaires, nous modifierons nos algorithmes et nous enverrons des alertes au salariés », souligne Serge Magdeleine. 

Un dispositif imposé à l’ensemble du personnel mais sans traçage numérique

Les protocoles de travail sont définis par chaque entreprise mais la mise en place du dispositif repose sur « un pacte de confiance » entre l’entreprise, les salariés et les organisations syndicales. Car pour être efficace, le Copass doit est accepté par tous les salariés. Lorsqu’une entreprise veut l’adopter, elle doit engager un dialogue social avec les représentants du personnel, obtenir leur adhésion et modifier son règlement intérieur pour qu’il s’impose à tous. Quid des objecteurs de Copass? « Chaque entreprise décidera pour ces collaborateurs ce qu’elle fera, probablement en leur proposant un protocole encore plus sécurisé », répond le responsable du Crédit Agricole.

La banque verte et Onepoint, se défendent de vouloir introduire un outil de traçage numérique ou de géolocalisation à l’égard des salariés. « Notre outil est conforme à toutes les normes de protection des données, RGPD et CNIL compatible, confidentiel, seule une autorité médicale peut y avoir accès et il est sécurisé grâce à un hébergement auprès d’opérateurs disposant du label HDS (hébergeur de données de santé) », plaide Serge Magdeleine. L’employeur, lui, ne connait que l’identité et la couleur de ses collaborateurs.

Le Copass a été conçu pour opérer au moins pendant un an, la durée estimée d’un retour à la vie normale. Ou davantage, car il pourrait, selon plusieurs responsables en ressources humaines s’avérer utile pour organiser à plus long terme les effectifs d’une entreprise qui souhaiterait, par exemple, basculer durablement une partie de ses équipes en télétravail.



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