une méfiance généralisée en France pendant la crise sanitaire


Masques de protection contre l’épidémie de Covid-19. LIONEL BONAVENTURE / AFP

Tournée générale ! A des degrés variés, tout le monde en prend pour son grade. Au moins un peu. Les politiques et les médias, comme toujours, au coude-à-coude dans la défiance. Les scientifiques aussi, dans une moindre mesure. C’était un peu moins attendu.

La cinquième vague du baromètre élaboré par l’association Datacovid avec l’institut Ipsos, pour ausculter l’esprit et les comportements des Français face au Covid-19, se penche sur « le niveau de confiance envers les acteurs impliqués dans la gestion de la crise de coronavirus ». Cette vaste enquête s’appuie sur un panel de 5 000 personnes, représentatives de la population française.

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Le crédit accordé à la parole gouvernementale, en matière d’« informations livrées » sur le coronavirus, est faible. Il n’obtient pas la moyenne : 4, sur une échelle allant de 0 à 10, de « pas du tout confiance » à « tout à fait confiance ». Les élus locaux, à qui le gouvernement a choisi de laisser beaucoup de latitude pour l’organisation du déconfinement, font à peine mieux (5,1). Ils échappent d’habitude un peu mieux à la curée.

Professionnels de santé en tête du classement

Les médias ? Ils sont entourés de suspicion (4,1). La palme du discrédit revient aux réseaux sociaux (2,7). A titre de comparaison, les personnes interrogées accordent plus de légitimité, pour les éclairer sur l’épidémie, à… leurs « proches » et leur « entourage » (5,6). Mais la surprise est ailleurs, dans le crédit limité accordé aux acteurs du secteur de la santé, qu’on aurait pu imaginer grands bénéficiaires de cette crise. Leur parole, plus technique, est mieux écoutée. Mais pas plébiscitée.

Les institutions publiques de santé (Organisation mondiale de la santé, Santé publique France, agences régionales de santé…) obtiennent une note maigrelette (5,7). Les chercheurs et les scientifiques, censés incarner la rigueur et l’exactitude, sont mieux lotis (6,8). Les professionnels de la santé (médecins, infirmiers, etc.), enfin, sont en tête du classement (7,3). Les Français accordent plus de confiance à ceux qui sont au chevet des malades qu’à ceux qui doivent trouver des remèdes.

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Il est probable que les polémiques sur l’efficacité des différents médicaments testés lors des essais cliniques (hydroxychloroquine, remdesivir, tocilizumab…) ont eu des effets délétères. Soumis à deux propositions pour expliquer les désaccords entre scientifiques sur le coronavirus (c’est « parce que la recherche ne leur permet pas encore de trancher » et « c’est parce que certains défendent des intérêts privés »), les sondés se coupent en deux blocs presque égaux (50 % et 48 %). La défiance percute aussi le monde de la recherche.

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